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Votre agence sait-elle vraiment pourquoi elle perd ses intérimaires ?

Une mission se termine. L’intérimaire ne revient pas. Sur le planning, la ligne disparaît. Le dossier est clôturé. On passe au suivant.

Mais savez-vous vraiment pourquoi ? Parce qu’entre une mission qui arrive naturellement à son terme, un intérimaire qui refuse une prolongation, quelqu’un qui abandonne son poste, un autre qui part chez un concurrent ou celui qui est finalement embauché par le client, les situations n’ont absolument pas la même signification.

Et pourtant, dans beaucoup d’agences, elles peuvent finir par produire le même résultat : un intérimaire qui ne revient pas. Le problème n’est donc pas forcément de perdre un intérimaire. Le problème, c’est de ne pas savoir pourquoi.

Tous les départs ne racontent pas la même histoire

Un intérimaire peut ne pas revenir pour une raison parfaitement positive. La mission était prévue pour deux semaines. Elle se termine. Il a rempli son rôle. Tout s’est bien passé. Autre situation : le client lui propose un CDI. Pour l’agence, c’est une perte d’un intérimaire… mais certainement pas une mauvaise nouvelle.

À l’inverse, un intérimaire peut refuser une prolongation parce que le poste ne correspondait pas à ce qu’il avait compris. Ou parce que les horaires sont finalement incompatibles avec sa situation. Ou parce qu’il a trouvé une mission mieux rémunérée. Ou parce que la relation avec le client s’est mal passée. Ou encore parce qu’il estime que l’agence ne l’a pas suffisamment accompagné.

Et puis il y a les situations plus problématiques : absence, abandon de poste, refus de revenir, départ chez un concurrent. Mettre toutes ces situations dans la même catégorie « intérimaire perdu » ne permet pas d’apprendre grand-chose.

La vraie question n’est pas seulement : « Pourquoi il part ? » Elle est aussi : « Qu’est-ce que ce départ nous apprend ? »

Prenons un exemple. Une agence constate qu’un intérimaire refuse régulièrement les prolongations chez un même client. Première réaction possible : « Il n’est pas fiable. »

Mais si l’agence prend le temps de regarder plusieurs situations, elle découvre peut-être autre chose. Les horaires annoncés ne correspondent pas toujours à la réalité. Le poste est plus physique que ce qui avait été présenté. Le responsable d’équipe est difficile. Les pauses ne sont pas celles annoncées. Ou simplement, les intérimaires découvrent sur place des contraintes qui n’avaient jamais été évoquées lors du recrutement.

Dans ce cas, le problème n’est peut-être pas la « fidélité » des intérimaires. C’est peut-être la qualité de l’information transmise en amont. Et cela change complètement la manière d’agir.

Un départ peut aussi révéler un problème de recrutement

C’est un sujet particulièrement intéressant pour les équipes recrutement. Parce qu’un intérimaire qui quitte rapidement une mission peut parfois nous apprendre quelque chose sur le processus qui a précédé son placement.

Avait-il réellement compris le poste ? Avait-il été suffisamment informé des contraintes ? Ses motivations avaient-elles été explorées ? Son expérience correspondait-elle réellement à ce que le client attendait ? Avait-il accepté la mission parce qu’elle lui convenait vraiment… ou simplement parce qu’il était disponible et qu’il fallait répondre rapidement à la commande ?

Il ne s’agit évidemment pas de transformer chaque départ en procès du CR. Dans une agence, l’urgence existe. Les informations transmises par les clients sont parfois incomplètes. Les candidats peuvent aussi changer d’avis.

Mais l’accumulation des mêmes situations doit finir par nous interroger. Si plusieurs intérimaires abandonnent le même type de poste, chez le même client ou dans les mêmes conditions, ce n’est peut-être plus une succession de cas individuels. C’est peut-être un signal.

Et si le problème venait du client ?

C’est l’autre intérêt de regarder les départs de manière structurée. Un intérimaire qui refuse de revenir chez un client peut donner une information que l’agence n’obtiendra jamais en regardant simplement ses statistiques de placement.

Peut-être que le client accueille mal les nouveaux. Peut-être que les missions sont mal préparées — exactement le type de décalage qu’on cherche à éviter avec un bon briefing. Peut-être que les horaires changent régulièrement. Peut-être que les équipes sur place ont un problème de management. Peut-être que les conditions réelles ne correspondent pas à ce qui est annoncé.

Et si plusieurs intérimaires disent la même chose ? Il devient difficile de considérer cela comme un simple problème de candidats. La relation client doit parfois être regardée depuis l’autre côté. On demande souvent aux agences de mesurer la satisfaction de leurs clients. Mais elles gagneraient aussi à écouter ce que leurs intérimaires racontent de leurs clients. Parce qu’ils vivent la mission de l’intérieur.

Une information précieuse pour le commercial

C’est également là que le sujet devient commercial. Imaginons qu’un CR constate que plusieurs intérimaires refusent de prolonger une mission chez un client. Il peut simplement constater le refus et passer à autre chose. Ou il peut chercher à comprendre.

Et cette information peut ensuite permettre au commercial ou au RA de revenir vers le client : « Nous avons constaté plusieurs difficultés sur ce type de mission. J’aimerais qu’on fasse le point avec vous pour comprendre ce qui se passe. »

La discussion n’est plus : « Avez-vous de nouvelles commandes ? » Elle devient : « Comment pouvons-nous améliorer la réussite de vos recrutements ? » Ce n’est plus du tout la même conversation. Et parfois, une difficulté opérationnelle devient précisément l’occasion de renforcer la relation commerciale.

Votre agence connaît-elle son taux de départ… ou ses causes ?

C’est probablement là que se situe la vraie question. Vous savez peut-être combien d’intérimaires sont actuellement en mission. Vous connaissez votre nombre de placements. Vous suivez votre chiffre d’affaires. Vous regardez vos heures travaillées.

Mais savez-vous combien refusent une prolongation ? Combien abandonnent une mission ? Combien ne souhaitent plus travailler chez un client ? Combien partent chez un concurrent ? Combien sont finalement embauchés ? Quelles sont les raisons qui reviennent le plus souvent ? Quels clients ou quels types de missions concentrent les difficultés ? Quels signaux apparaissaient déjà avant le départ ?

Il n’est pas nécessaire de créer une usine à gaz. Mais une agence qui ne cherche jamais à comprendre ses départs se prive d’une source d’information considérable.

Et si votre base candidats pouvait aussi vous apprendre à mieux recruter ?

C’est peut-être l’enseignement le plus intéressant. Une base de candidats n’est pas seulement un stock de personnes disponibles. Elle contient aussi l’historique de leurs expériences avec l’agence.

Les missions qu’ils ont acceptées. Celles qu’ils ont refusées. Celles qu’ils ont prolongées. Celles qu’ils ont abandonnées. Les clients chez lesquels ils souhaitent revenir. Ceux chez lesquels ils ne veulent plus travailler. Les raisons qu’ils donnent.

Toutes ces informations peuvent aider une équipe à mieux connaître ses candidats, mais aussi à mieux comprendre ce qui fait qu’une mission fonctionne ou non. À condition de prendre le temps de les écouter et de les exploiter.

Une mission terminée n’est pas forcément une mission perdue

C’est peut-être la distinction à retenir. Une mission qui se termine n’est pas nécessairement un échec. Un intérimaire qui ne revient pas n’est pas nécessairement un mauvais candidat. Un refus de prolongation n’est pas nécessairement un problème de motivation. Mais chaque situation peut contenir une information utile. Encore faut-il la récupérer.

Une agence performante ne cherche donc pas seulement à placer davantage. Elle cherche aussi à comprendre pourquoi certaines missions fonctionnent, pourquoi certaines échouent et pourquoi certains intérimaires reviennent… ou ne reviennent pas. Parce que derrière chaque départ se trouve peut-être une information sur votre recrutement, votre relation candidat, votre client ou votre propre fonctionnement. Et cette information peut servir à faire mieux la fois suivante.

Votre agence analyse-t-elle vraiment les raisons pour lesquelles ses intérimaires ne reviennent pas ? Si vous constatez des départs récurrents, des refus de prolongation ou des difficultés concentrées chez certains clients, le sujet mérite peut-être d’être regardé autrement que comme une succession de cas individuels.

Chez IntervYOU, nous travaillons justement sur ces situations très concrètes : recrutement, relation candidat, connaissance des besoins clients et montée en compétences des équipes.

Est-ce que votre agence exploite réellement ce qu’elle apprend de ses intérimaires ?

Chez IntervYOU, nous travaillons sur ces situations très concrètes : recrutement, relation candidat, connaissance des besoins clients et montée en compétences des équipes.

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Nicolas Bourgeois

Après neuf années en cabinet de recrutement parisien, j'ai fondé IntervYOU, organisme de formation dédié aux agences d'emploi et d'intérim. En cinq ans, j'ai formé plus de 50 enseignes du secteur. Recrutement, développement commercial, management : des formations issues du terrain, avec un objectif — aider les équipes à recruter mieux, développer leur activité et renforcer durablement la relation client.

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